Laurent Lecoutre Urbanisme et Tourisme
? :

Villes et ports musées

    Voici trois exemples de développement urbain et touristique par la création de ports musées ou écomusées autour du thème de la mer et de la pêche. Ils illustrent les possibilités d’aménagement des villes littorales, et leur reconversion vers le développement économique et urbain, basé sur le tourisme de découverte du patrimoine.
    Le Port Musée de Douarnenez (Bretagne)

    Douarnenez possède la plus grande collection de bâteau des musées maritimes de France, dans la ria du Port-Rhu, appelé Port-musée. La particularité du Port-musée, inauguré en 1993 et “mis à jour” en 2006, est de mêler présentation de collections et visite sur site des anciens bateaux. L’aménagement du musée en pleine ville a été l’occasion d’une opération d’aménagement et de restructuration du quartier (voir sur une carte).

    L’équipement touristique, d’envergure régionale, présente des embarcations, des musées et des films dans l’ancien “port-abri”. On y découvre l’histoire de la pêche, de la plaisance, au travers des expositions temporaires. La visite se prolonge par la visite des bateaux à flot, magnifiquement conservés et restaurés, où il est possible d’explorer les ponts, les cales, les salles de machine, et même de tenir la barre… Des écrans et une sonorisation participent à évoquer l’ambiance des bateaux. Sur le quai, des “kiosques” renferment des vitrines et une sonorisation pour présenter les objets de la vie courante des marins du 19e et 20e siècle.

    Les espaces publics du Port Rhu, situé en contrebas du centre et en bas du pont, ont été aménagés avec soin. Les espaces piétonniers sont légions, les façades sont colorées, et les matériaux du mobilier urbain sont simples et propres. Il s’agit d’un bel exemple du rôle des équipements touristiques dans l’aménagement des villes. Le Port-musée a besoin d’un environnement soigné pour présenter ses collections à quai, tandis que la ville a besoin du Port Rhu pour se développer, en toute synergie.

Douarnenez Port-RhuDouarnenez Port-musée

Le Port-Rhu et les espaces publics - Le Port-musée avec ses bateaux et ses “kiosques”.

    Le musée possède aussi un atelier de fabrication de charpentes neuves, qui permet la création de bateaux neufs. Il construit des bateaux d’après les plans anciens, afin de perpétuer les traditions maritimes. Cet atelier donne vie à l’ensemble, grâce à son activité visible de tous. Dans le bassin à flot, le travail de restauration est aussi visible par les visiteurs se baladant sur les quais.

Photo http://philippe.malpertu.club.fr/images/4portrhu.jpgPort Rhu

Le Port Rhu il y a 20 ans (Photo P.Malpertu) - Et le site aujourd’hui

    Mystic Seaport (Connecticut)
    Le Connecticut, en Nouvelle-Angleterre, ancien centre de construction navale et de pêche à la baleine, accueille dans la ville de Mystic (à mi-distance de Boston et New York) un musée maritime comprenant une reproduction d’un port avec des navires du 19e siècle. Le Charles W. Morgan, le dernier baleinier en bois, constitue une pièce maîtresse parmi les autres bateaux présents à quai.
    Créé en 1929, la mission de Mystic Seaport et du musée est d’aider le grand public à comprendre la relation entre l’Amérique et la mer. C’est un des plus important musée maritime d’Amérique du Nord. Les visiteurs peuvent explorer l’histoire maritime américaine en montant à bord de bateaux d’époque, en visitant le village côtier du 19e siècle entièrement recréé, et en observant le travail de préservation de la flotte maritime. Le musée accueille plus de 300000 visiteurs par an, compte plus de 20000 membres et 1400 bénévoles.
    Le site possède une longue histoire (à l’échelle des Etats-Unis…), car depuis le 17e siècle les bords de la Mystic River servent de lieu de construction navale. Entre 1784 et 1919, plus de 600 navires y ont été construits, jusqu’au déclin pour cause de machine à vapeur et du développement de l’acier. C’est lors de la grande dépression de 1929 que Edward E. Bradley, Carl C. Cutler et Charles K. Stillman (respectivement industriel, avocat et physicien) ont souhaité protéger le patrimoine maritime américain.
    C’est en 1941 que le Charles W. Morgan, le dernier baleinier en bois, a été acquis, et grâce aux nombreux dons en livres, photographies et plans le musée a vite grandi. Des bâtiments typiques de la Nouvelle Angleterre ont été reconstitués pour créer un village côtier “authentique”. Depuis 50 ans, le musée a amassé la plus grande collection photographique maritime (plus d’un million d’images!) et de bateaux (presque 500). Sans oublier les deux millons de pièces de musée…
    Depuis 1970 de nombreux bâtiments d’exposition permettent au site d’accomplir sa mission éducative. En 1998, le site démarre la reconstruction d’un vaisseau naval historique “La Amistad“. Aujourd’hui, une rénovation à hauteur de 35 millions de dollars permettra au musée de créer un nouveau centre de recherche avec les technologies les plus modernes (archivage, internet, bases de données).

La Amistad, photo WikipediaMystic Seaport, photo http://www.flickr.com/photos/baums/

La Amistad (Photo Wikipedia) - Mystic Seaport (Photo “Baums!”)

    Les anciens chantiers navals de Dunkerque (Nord)
    La ville de Dunkerque a été confrontée à la fermeture des chantiers navals. La réutilisation de vastes espaces et bassins a été l’occasion de restructurer le centre-ville, grâce à un programme tertiaire et de logements (projet “Neptune“). L’objectif de l’opération est de modifier l’image du centre-ville et de le rendre plus attractif économiquement et touristiquement.
    L’installation de l’Université du Littoral (5000 étudiants), la rénovation des quais autour du Musée de la Marine et de l’exposition de bâteaux historiques (Duchesse Anne, Bâteau Phare, …), l’installation d’un port de plaisance, le réaménagement du Quai des Hollandais, à proximité de l’imposant bâtiment de la Communauté Urbaine ont permis de développer le tourisme et les emplois induits (restauration, croisières dans le port notamment).
    Ainsi le “Pôle Marine” fait le lien entre les anciens bassins et le centre-ville. Sur 23000 mètres carrés, un complexe commercial de loisirs en plein coeur de Dunkerque accueille un cinéma de 14 salles, deux salles d’art et essai, des moyennes surfaces spécialisées (disques, livres, multimédia) et des espaces de restauration. Un ancien bâteau à haube est à quai à proximité du multiplexe. C’est le “Centre Marine” qui fait la liaison entre les rues commerçantes du centre et le nouveau complexe.
    La ZAC du “Grand Large” est le moteur de la transformation des anciens chantiers en véritable quartier urbain. Les programmes de logements de qualité et respectueux du développement durable permettent d’enrayer le déclin démographique. L’aménagement est au coeur des problématiques liées à l’eau et à sa place dans la ville. Enfin le désenclavement est au coeur de l’aménagement du nouveau quartier. En effet l’agglomération dunkerquoise est un “archipel” coupé par de nombreux canaux, dont il convient de réduire les coupures dans le tissu urbain par la création de nouvelles liaisons (en favorisant les circulations douces).

La Duchesse AnneDunkerque quai des Hollandais

La Duchesse Anne devant le Musée de la Marine - Le centre de Dunkerque

A propos...

Je suis Laurent Lecoutre et je vous souhaite la bienvenue sur mon cv, mes photos et mes textes et dossiers sur l'urbanisme et le tourisme.

Liens
Digital Urban - Blog sur les environnements urbains numériques O.T. de Watten - Office de Tourisme de Watten L'Echo Touristique - Actualités Grands chantiers - Site de L'Internaute - Savoir O.T. du Val de Deûle - Office de Tourisme du Val de Deûle U.S.T.L. Lille I - Université des Sciences et Technologies de Lille I


Derniers dossiers Villes fortifiées, villes touristiques Villes et ports musées Les wateringues